L’avenir du Journal de Montréal

juillet 28, 2009

L’avenir du Journal de Montréal, le légendaire No.1, est pour le moins embrouillé!
L’actuel conflit de travail et le lock-out décrété par la direction font en sorte que le journal continue d’être publié par les cadres d’une part, et que d’autre part, les employés syndiqués reçoivent 76,2 % de leur salaire net grâce à leur fonds de grève. Ils peuvent tenir le coup financièrement pendant plus de 2 ans, selon le président du syndicat, Raynald Leblanc.
La négociation syndicale est l’art de gérer les personnalités et l’on peut comparer cette action au sport du golf où la personnalité individuelle de chacun joue un rôle significatif et déterminant sur le résultat final. (Tiger Wood a déja dit que le golf est un miroir de l’âme du joueur et que son reflet est sans pitié…)
Selon moi, le meilleur négociateur que le monde des médias québécois ait connu fut l’ex-Premier ministre canadien Brian Mulroney, qui était avocat en relations de travail avant de devenir politicien et Premier ministre. Son premier mandat fut avec Paul Desmarais Sr. qui était enthousiasmé par le dynamisme et l’intelligence de Brian Mulroney. Brian travailla aussi pour le compte de Pierre Péladeau lors de la négociation de la première convention collective du Journal de Montréal à la fin des années 1960. Péladeau et Mulroney devinrent par la suite des amis et ils le restèrent jusqu’à la mort du fondateur de Quebecor en 1998.
J’ai eu l’occasion de côtoyer un ancien directeur du journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières (GESCA), aujourd’hui décédé, Charles D’amour. Ce dernier, après sa retraite du Nouvelliste, s’était vu confier le mandat en 1984, par un groupe de Moncton, de lancer un nouveau quotidien pour remplacer l’Évangéline. C’est dans ce dossier que j’ai bien connu Charles D’Amour. Un jour, il me raconta l’anecdote suivante qui démontre bien le talent exceptionnel de négociateur de Mulroney.
Brian Mulroney devait régler un conflit de travail entre Power Corp et le syndicat du Nouvelliste. La veille de la première rencontre entre les deux parties, Brian téléphona au représentant syndical sous prétexte de lui demander s’il pouvait voyager dans sa voiture, de Montréal jusqu’à Trois-Rivières, afin d’économiser l’essence d’une des deux voitures…
Le plan étant cependant plus calculé. Mulroney voulait mieux connaître le représentant syndical et discuter avec lui de ses demandes. La discussion fut très fructueuse car une fois arrivé à Trois-Rivières, les deux voyageurs s’étaient entendus sur tous les points tant et si bien que lorsque Brian est entré dans le bureau de l’éditeur (Charles D’Amour), qui s’attendait à une dure négociation, il lui présenta une convention prête à être signée, le conflit s’étant réglé durant le trajet d’une heure et demie entre Montréal et Trois-Rivières.
Selon Brian Mulroney, tout bon négociateur doit d’abord analyser la personnalité des deux adversaires se faisant face (comme au golf). Qui est le représentant syndical et quelle sorte de personnalité a-t-il? On fait le même exercice avec le dirigeant patronal et on essaie de trouver des points communs afin d’ouvrir le dialogue et obtenir des engagements. Uniquement après avoir analysé les personnages, peut-on s’attaquer au dossier comme tel, qui finalement est moins important que le côté humain des personnalités impliqués.
Dans le cas du Journal de Montréal, il est évident que Pierre-Karl Péladeau et Raynald Leblanc (président du syndicat des employés) n’ont aucun point en commun, ni sympathie réciproque. Pierre-Karl est un prédateur habitué au rude milieu des affaires tandis que Raynald est un photographe entraîné, de par sa nature, à être gentil avec les sujets qu’il doit photographier. Je connais bien Raynald LeBlanc et j’ai déjà travaillé avec lui alors qu’il fut le photographe pour une édition du rapport annuel de Quebecor dont j’étais le responsable. C’est un très bon gars mais il n’a pas l’étoffe pour croiser le fer avec les chevaliers de la finance.
Les précédents conflits au sein du Journal de Montréal ont toujours été réglés parce que le dialogue s’établissait entre des interlocuteurs égaux au niveau des personnalités, des bagarreurs de rue des deux côtés de la table de négociation! (Les actions étaient beaucoup plus rudes que de simplement entrer dire bonjour dans les locaux de l’entreprise en lock-out…)
Il est probable que le conflit au Journal de Montréal va durer longtemps et qu’en bout de ligne, Quebecor fusionnera l’essentiel du Journal pour le rapprocher du monde Internet et de Vidéotron. Une fusion avec le quotidien 24H ne serait pas illogique.
Si j’étais le président du syndicat, j’essaierais de convaincre Brian Mulroney, ou un autre de son niveau, de me servir de partenaire et de négociateur. C’est la seule chance de survie des employés.
Ce négociateur découvrira que les employés ont une carte (un as de coeur) dans leur jeu qui peut convaincre Pierre-Karl qu’il y a une valeur caché au sein de l’arsenal du syndicat et que, s’il ne la récupère pas rapidement, d’autres pourraient s’en emparer pour faire comme son père Pierre avait fait lors de la grève du Montréal Matin et créer un nouvel empire. Cette valeur cachée c’est le site Internet Rue Frontenac et son équipe.
Si un investisseur, ennemi de Pierre-Karl ou voulant simplement faire compétition à Quebecor, s’en emparait, il pourrait en faire un véritable leader de l’information. Actuellement, avec très peu de moyen, Rue Frontenac est devenu un site Internet de nouvelles à Montréal, autant apprécié et respecté que les autres sites que ce sont Cyberpresse, Le Devoir ou Canoë.
Bonne chance aux employés et que le meilleur gagne!
Bernard Bujold 
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Lien site Canoë 
Lien site Rue Frontenac
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Photo 1: Le Journal de Montréal, Pierre Péladeau,Pierre-Karl Péladeau, Brian Mulroney et Raynald Leblanc;
Photo 2: Pierre Péladeau au golf-

Le Conseil de presse du Québec

juillet 28, 2009

Le Conseil de Presse du Québec est présentement en campagne de recrutement pour sélectionner des membres du public qui siègeront au tribunal d’honneur dont le mandat est de protéger les droits du public à une information libre et de qualité.
Le Conseil de presse a dû encaisser la démission de ses deux principaux dirigeants en mai dernier ainsi que l’abandon de grands groupes de presse qui ont décidé de ne plus l’appuyer financièrement. Ces deux actions ont presque provoqué la mort de l’organisme mais, après des efforts d’urgence à l’interne, sa dissolution a été évitée de justesse. Malheureusement, la vie du Conseil de Presse est sérieusement menacée et cen’est qu’une question de protocole quant à le déclarer « décédé ».
Un tribunal d’honneur n’a plus sa place en 2009 surtout pas dans le secteur des médias alors que l’arrivée de l’Internet a complètement transformé la façon de diffuser l’information. L’honneur de bien informer n’est plus un principe mais une règle universelle. Quiconque n’informerait pas de façon honnête et vraie serait rapidement dénoncé par la communauté des internautes qui est le plus démocratique et puissant des tribunaux.
La beauté de l’Internet, c’est qu’il n’y a pas de frontière géographique. On peut être à Paris et correspondre avec un internaute à Montréal et lui faire part d’une information ailleurs dans le monde, par exemple une injustice commise en Chine. Rapidement, grâce aux divers réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc) le monde entier est mis au courant. Un mouvement de protestation mondial peut alors s’enclencher et les auteurs des injustices n’auront pas d’autres choix que de corriger la situation. La démarche s’applique de la même façon à un sujet plus local et ce n’est que l’envergure du réseau qui est modifiée et ajustée en conséquence.
Le plus bel exemple de la puissance de l’Internet est celui de Dan Rather en 2004. Les internautes avaient découvert des faussetés dans les affirmations du journaliste vedette de CBS et c’est grâce à l’Internet que la vérité s’est imposée et que l’on a forcé Rather à admettre son erreur. Aucun conseil de presse n’aurait pu offrir la même protection que celle de l’Internet et, dans un sens, on peut comparer la situation à celle de la France à l’époque de la Révolution française contre Marie-Antoinette en 1789.C’est la défense du peuple par le peuple!
Bernard Bujold 
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Photo : Bernard Bujold et les mascottes de LeStudio1.com
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Lien Conseil de presse du Québec
Lien reportage Dan Rather et les internautes


La confiance envers ses amis – Bernard Madoff, Vincent Lacroix et les autres…

juillet 22, 2009

La confiance envers les autres est une question très individuelle. Certains préfèrent être positifs et font d’emblée confiance aux gens qu’ils rencontrent, tandis que pour d’autres, tout le monde est malhonnête et la preuve d’honnêteté doit être faite par chacune des personnes qui se présentent devant eux…
Il ne faut pas être paranoïaque mais il faut admettre que les humains ne sont pas toujours très fidèles dans leurs amitiés. Cette situation existe depuis le début des temps et les pires trahisons ont toujours été l’œuvre de quelqu’un qui était très près de la victime. D’où le vieil adage qu’il faut toujours garder ses ennemis près de soi afin de pouvoir les surveiller :« Mon dieu, protégez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en occupe… »
Les scandales financiers de Bernard Madoff, Vincent Lacroix et Earl Jones ont démontré plus que jamais qu’accorder sa sympathie aux gens est une chose, mais que de leur confier notre argent en est une autre! En ce qui concerne Conrad Black ou l’éditeur Pierre Turgeon, il s’agit de transactions commerciales entre associés et bien que la confiance y joue un rôle très important, ce n’est pas la même situationque dans le cas des Madoff et compagnie. (voir éditorial « Un éditeur chanceux »)
Tout le monde recherche des façons de profiter des opportunités de la vie. Cela s’applique aussi bien aux victimes qui ont souhaité profiter de leur futur fraudeur et obtenir des gains financiers des propositions d’investissements, avant d’échouer et de devenir la victime. C’est comme le corbeau de la fable de LaFontaine qui veut profiter des compliments du renard pour combler ses besoins en admiration. Le fraudé est furieux de s’être fait volé mais, s’il avait réussi à profiter du fraudeur, il en aurait fait sa joie et le récit de ses beaux dimanches pour le reste de sa vie…
Dans le fond, s’il y avait eu un trésor, pourquoi le fraudeur l’aurait-il partagé avec quelqu’un d’autre…
J’ai moi-même été victime de ma naïveté dans l’amitié que j’accorde aux gens. Les deux anecdotes suivantes en sont la description alors que je m’étais littéralement trompé dans ma perception. Heureusement, je n’avais pas confié mon argent…
La première anecdote se déroule après la mort de Pierre Péladeau en 1998, pour qui j’avais été l’adjoint exécutif pendant 7 ans. Lorsqu’on m’a remercié de mes services au sein de Quebecor suite au décès du fondateur, j’ai dû me chercher un nouvel emploi. Le processus fut particulier car, même si Pierre Péladeau était un grand bâtisseur québécois, pour différentes raisons, j’ai découvert que nombre d’entrepreneurs le détestaient et plusieurs souhaitaient même secrètement son échec. (voir biographie Pierre Péladeau sur le site Internet LeStudio1.com)
Ma découverte se manifesta dès le début de ma recherche d’emploi alors que le premier conseil que m’avait confié la directrice d’un bureau d’experts en replacement de cadres était d’éliminer la mention de Pierre Péladeau de mon CV car autrement, je ne pourrais jamais retrouver un nouvel emploi tellement Péladeau était détesté! Son deuxième conseil: quitter la ville pour l’étranger (Vancouver ou Paris)… La consultante en réorientation de carrière prétendait que je n’avais pas la bonne perception de la situation concernant l’admiration que disait avoir les gens envers mon ancien patron. Selon elle, dans la réalité, Péladeau était très méprisé et si on l’avait louangé durant son vivant, c’est parce qu’il était craint plutôt que respecté… un peu comme Don Corleone dans Le Parrain de Mario Puzo.
J’étais évidemment en total désaccord avec ses conseils et son interprétation des faits et je suis sorti de son bureau en colère! Mais avec le recul du temps, je dois reconnaître que son analyse était fondée et que j’ai payé le gros prix par mon refus de suivre ses conseils!
Personnellement, j’aimais bien Pierre Péladeau et nous étions comme deux complices. Je voyais en lui un « mentor » et parfois même une sorte de deuxième père tellement la connivence existait entre nous deux. Dans son cas, je ne sais pas ce qu’il voyait en moi mais il m’a souvent répété que dans la vie, rien n’est sans raison. Il devait tirer son parti de ma présence…
Je lui ai souvent mentionné que plusieurs des gens qu’il recevait dans son bureau ne venaient le voir que dans le seul but d’obtenir un don financier. Il me répondait toujours qu’il le savait et qu’il jouait le jeu…
La deuxième trahison dont je veux parler est encore plus personnelle mais elle représente bien la situation que vivent de nombreuses personnes dans les relations avec leur entourage intime et rapproché.
Durant ma recherche d’emploi, j’ai contacté plusieurs de mes amis dont la directrice du marketing d’une grande salle de concerts de la rue Ste-Catherine à Montréal, une personne que je connaissais depuis 1992 et qui se disait mon amie. Cette directrice en question était sympathique à ma cause et elle me promit de tout faire pour m’aider à trouver un nouvel emploi. Elle garderait les yeux ouverts et elle surveillerait les opportunités pour m’en aviser.
Quelques mois plus tard, par pur hasard, en jasant avec une nouvelle attachée de presse de la salle de spectacles en question, j’apprends qu’elle vient d’obtenir son nouvel emploi depuis quelques jours seulement et que c’est justement la directrice du marketing (ma supposée amie) qui l’a engagée.
Cela faisait plusieurs mois que je cherchais un emploi et cette directrice m’avait régulièrement parlé durant tout ce temps et elle répétait à chaque fois vouloir vraiment m’aider.Pourquoi ne m’avait-elle pas offert le poste disponible?
Elle a confié à une autre de mes amies qu’elle ne voulait aucunement travailler avec moi en ajoutant qu’elle me considérait comme un total incompétent… Pourtant, je n’avais jamais travaillé avec elle. Comment pouvait-elle évaluer mes compétences! De plus, et c’est ce qui est l’acte de trahison, cette directrice du marketing avait continuellement répété vouloir m’aider mais, dans mon dos,e lle pensait tout le contraire!
Son action m’a beaucoup fait mal à l’époque et, dans un sens, j’ai considéré son geste comparable à quelqu’un qui se dit ton ami mais qui refuse de pousser la bouée de sauvetage qui est juste à côté d’elle sur le quai et qui te regarde simplement te débattre dans l’eau.
Il y en a beaucoup d’autres comme cette personne mais j’ai personnellementvécu ce cas et il fut pour moi la véritable révélation me démontrant le manque d’honnêteté des gens.
Bonne chance!
Bernard Bujold 
Photo 1. Scène de lapidation, Bernard Madoff, Vincent Lacroix,Pierre Turgeon et Conrad Black
Photo 2; Parc et fontaines devant l’édifice Quebecor à Montréal
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Lien Biographie de Pierre Péladeau
Lien éditorial sur les échecs financiers (Un éditeur chanceux)

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Au fil des notes… Autobiographie d’Hélène Mercier

juillet 17, 2009

La pianiste québécoise Hélène Mercier a publié son autobiogaphie, une véritable « Master Class » sur l’art et la passion du piano. Quiconque s’intéresse à la musique classique appréciera grandement la lecture de l’ouvrage que l’on peut d’ores et déjà considérer comme un classique de lalittérature musicale.

Bernard Bujold a rencontré Hélène en entrevue et il nous propose un reportage exclusifi sur le site officiel.
En plus, LeStudio1.com accorde aussi une mention d’excellence dans la galerie Les Meilleurs 2009 à Hélène Mercier pour la grande qualité de son livre « Au fil des notes… ».


Les musées montréalais et leur rayonnement dans le monde

juillet 17, 2009

La récente nomination d’une nouvelle directrice au Musée d’art contemporain de Montréal est contestée et cette montée aux barricades donne l’occasion aux amateurs d’art montréalais de jeter un regard sur l’évolution de leurs musées et leur rayonnement au sein de la communauté. Il est évident que le succès d’un musée dépend avant tout de ses ressources financières et ensuite, du dynamisme de sa direction.
Les ex-directeurs comme Pierre Théberge (Musée des beaux arts de Montréal) et Marcel Brisebois (Musée d’art contemporain) furent de grands leaders qui ont fait beaucoup pour le développement et le rayonnement de leur institution respective et pour la popularité des musées en général. Est-ce que leurs institutions ont su préparer des successeurs pour assumer larelève des directeurs qui ont pris leur retraite? On pourrait penser que non! Mais il faut prendre en considération que la société a évolué et que l’Internet a transformé la façon dont on protège et perpétue le patrimoine historique.
Montréal compte plus de 30 musées officiellement reconnus dont certains sont réputés mondialement tandis que d’autres ne dépassent pas les limites de leur quartier de résidence.
Si on veut faire un palmarès de la direction de musées à Montréal en 2009, il faut placer Nathalie Bondil au premier rang. Elle avait plusieurs obstacles à surmonter lors de sa nomination et elle y a réussi avec brio. Il faut ajouter qu’elle avait en main un musée très à l’aise financièrement, ce qui a facilité son défi.
Au deuxième rang, il faut placer le Musée d’art contemporain mais sa popularité n’est plus celle d’autrefois! Cette institution était, à une époque, presqu’à égalité avec le Musée des beaux-arts en terme de rayonnement montréalais. Malheureusement, l’institution n’a pas réussi à maintenir le rythme mis de l’avant par Marcel Brisebois lorsqu’il en occupait la direction. Il faut rappeller qu’à l’époque, il était appuyé par Manon Blanchette qui avait amené à Montréal plusieurs expositions parmi les plus audacieuses au pays.
Marc Mayer devait conduire l’institution à un niveau mondial mais il n’y est pas arrivé. Il a préféré quitté son poste en cours de route et relever un autre défi qui s’est présenté à lui, celui de prendre la direction du prestigieux musée qu’est le Musée des Beaux-arts du Canada à Ottawa.
La nomination de Paulette Gagnon au Musée d’art contemporain de Montréal, en remplacement de Marc Mayer, a provoqué la contestation. Plusieurs artistes et galeristes auraient préféré voir un gros nom prendre la barre plutôt qu’une employé qui est depuis 30 ans avec l’institution montréalaise.
Est-ce que qu’une vedette aurait été plus efficace? Il faudra voir mais s’il y a une conclusion à retenir c’est que les Pierre Théberge, Marcel Brisebois, et maintenant Nathalie Bondil, ont prouvé leur talent parleurs réalisations. Un musée est comme un média. Sa popularité n’est jamais plus grande que l’est sa dernière réussite: un reportage pour le média et une exposition pour un musée.
Bonne chance à toutes les directions des musée montréalais et que vos expositions soient la preuve de vos talents véritables! 

Bernard Bujold 
www.LeStudio1.com
Photo de haut en bas – de gauche à droite:Nathalie Bondil, Marc Mayer, Manon Blanchette,Pierre Théberge, Marcel Brisebois et Paulette Gagnon
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Lien Musée des beaux-arts de Montréal
Lien Musée d’art contemporain de Montréal
Lien Association des musées montréalais


Un éditeur chanceux – Pierre Turgeon

juillet 17, 2009

Le coup d’éclat de l’éditeur de livres Pierre Turgeon qui publie une biographie de Michael Jackson écrite par Ian Halperin ne m’a pas surpris. Je connais bien Turgeon car il a été mon éditeur lorsque j’ai publié une biographie sur Pierre Péladeau en 2003. Nos rapports se sont mal terminés car la maison d’édition Trait d’Union a dû fermer ses portes et déclarer faillite, ce qui a eu comme conséquence que plusieurs auteurs n’ont pas reçu leurs redevances en droits d’auteurs. Cela a évidemment créé un froid avec la communauté littéraire et, si les investisseurs floués par Vincent Lacroix et Bernard Madoff veulent lapider sur la place publique leur fraudeur qui les a soulagé de très larges sommes, les auteurs de Trait d’Union, même pour des montants de quelques centaines de dollars chacun, voulaient tous trainer sur un chariot à tomates l’éditeur Pierre Turgeon lors de la fermeture des Éditions Trait d’Union.
Personnellement, je considère n’avoir perdu que quelques milliers de dollars car mon livre était en fin de cycle. La première publication s’était faite en janvier de 2003 et Trait d’Union a déclaré faillite en mars 2005. Les argents qui m’étaient dûs étaient la portion retenue des droits d’auteurs pour les retours des magasins. La fermeture de Trait d’Union m’a permis de reprendre tous mes droits d’auteur sur l’ouvrage, en plus des quelques centaines de copies du livre encore en entrepôt. Les ventes avaient été un succès et elles avaient atteintes presque 10 000 copies. Avec le recul, je dois admettre que Pierre Turgeon a fait un excellent travail et j’en ai profité malgré les pertes financières. Dans mon cas, j’avais reçu un à valoir avant publication, c’est-à-dire que la majeure partie de mes redevances avaient été payées dès la sortie du livre. Je ne suis pas encore disposé à inviter Pierre Turgeon à déjeuner mais je dois reconnaître qu’il est un habile éditeur qui sait bien interpréter le désir des lecteurs.
Le seul problème de Turgeon, selon moi, c’est sa difficulté à bien gérer ses projets sur le plan administratif mais cela ne lui enlève pas son talent d’écrivain et d’éditeur. Dans un sens, le succès de Turgeon avec ses deux récents livres, l’ouvrage sur Guy Laliberté et probalement son méga succès, l’ouvrage sur Michael Jackson avec Ian Halperin, est très encourageant. Cela signifie que nous avons tous un droit à l’erreur et que malgré les échecs et les difficultés, on peut se relever! Quand à ceux qui ont été privés de sommes par Turgeon, dont moi-même, je me dis que cela fait partie des risques de la vie. Pire aurait été le rejet de mon livre par le public…Félicitations à Pierre Turgeon pour avoir eu le courage de continuer!
Note: 
Bernard Bujold 
Lien entrevue Pierre Turgeon
Lien Transit Medias (maison d’édition de Pierre Turgeon)
Lien reportage faillite Trait d’Union (La Presse)
Photo 1. Bernard Bujold et Pierre Turgeon (Photo Bernard Bujold)
Photo 2: Couverture du livre sur Michael Jackson

Dans un sens, le même jugement peut être porté concernant les Bernard Madoff, Vincent Lacroix ou Earl Jones. Quiconque confie son argent à quelqu’un d’autre doit s’attendre à la possibilité de ne plus le revoir. La seule façon de ne pas mettre son argent à risque est de le conserver sous son matelas mais encore là, attention aux termites…www.LeStudio1.com


Héritage convoité – Michael Jackson et LeStudio1.com

juillet 8, 2009

La mort des gens provoquent des agissements qui sont parfois cruels et qui mettent en évidence le côté « profiteur » des survivants. Le cas de Michael Jackson est un exemple de ce genre d’individus à la recherche d’aubaines. Sa mort aura créé l’espoir du gain pour plusieurs, amis et parents, qui croient pouvoir obtenir des biens ou des bénéfices en cadeau…
J’ai connu de nombreux autres artistes qui ont été la cible des «chasseurs d’héritage» dont notamment mon ami l’artiste Vittorio Fiorucci. Il est mort sans le sou et pourtant son œuvre était immense. Après son décès, j’ai reçu plusieurs courriels de gens qui me demandaient comment ils pourraient contacter son exécuteur testamentaire afin d’acheter à bon prix certaines des pièces de son œuvre, entre autres, sa fameuse collection de jouets. Lorsqu’il était vivant, Vittorio m’a souvent parlé de l’exploitation dont il a été régulièrement victime durant sa carrière et des promoteurs qui avaient acheté ses créations à bas prix alors qu’il était en difficulté financière. On lui offrait un montant de beaucoup inférieur à la valeur réelle car on savait qu’il avait un urgent besoin d’argent. Une fois mort, l’exploitation n’aura pas cessé et ce fut la course à l’héritage et certains se sont même vantés de l’avoir aider de son vivant alors que ce n’était aucunement le cas. Je trouve ce comportement pour le moins «discutable». LeStudio1.com n’est pas à l’abri de ce genre de comportement.
Récemment, nous avons transformé l’opération du magazine afin de le placer en mode «low maintenance». Cela signifie que nous publions maintenant en format «Blogue» plutôt que magazine car nous n’avons pas pu trouver de partenaires financiers capables ou désireux de développer le projet en convergence sur une plus grande échelle. L’information a circulé dans le milieu des affaires que nous étions en mode fermeture et j’ai aussitôt commencé à recevoir des appels téléphoniques de gens qui voulaient acheter, à rabais pour quelques centaines de dollars, certains éléments du magazine dont la liste des abonnés. La liste d’adresses LeStudio1.com compte plus de 60 000 adresses (e-mail) fonctionnelles et à jour. Environ 80% sont des adresses à Montréal et 20% sontailleurs en Europe (Paris) et aux États-Unis (New York – Washington).
Le site LeStudio.com est pour ainsi dire « dormant » et il continue de fonctionner sous la forme d’un Blogue hebdomadaire dont le contenu provient de quelques collaborateurs, ou amis de ceux-ci, mais nous n’avons pas d’employés et tout le site est géré automatiquement par divers programmes informatiques. En théorie, il est toujours à vendre mais on ne parle pas de 500$ ni de 5000$.Au cours des 5 années, on évalue à 250,000$ les investissements qui ont été faits pour monter la plateforme et développer la liste d’adresses.
Au départ, nous voulions nous associer avec un grand groupe de presse et nous avons rencontré une centaine de personnes depuis 5 ans mais, ou bien on veut simplement faire un échange de services comme beaucoup de site locaux qui ont proposé de mettre en commun nos listes d’adresses; ou bien pour les grands groupes, tous ont préféré développer leur site à l’interne avec leurs propres ressources. La seule façon de réussir financièrement sur Internet est d’avoir du contenu et seuls les grands groupes de presse en ont les moyens mais ils sont tous en difficultés financières…
Une grande entreprise de services, une chaîne hôtelière ou des commerces de consommation pourraient aussi utiliser et entretenir un site Internet tel que LeStudio1.com mais il faudrait une convergence entre les produits de l’entreprise et la liste des abonnés du site, ainsi qu’un désir d’investir.
À ses débuts, LeStudio1.com était composé d’une équipe de 5 partenaires mais aujourd’hui les priorités de chacun des membres du groupe sont ailleurs. Le financier est mort récemment, l’expert en magazine est retourné vivre en France, l’expert en informatique a quitté Montréal, Mademoiselle X est à la retraite et moi je fais autre chose pour gagner ma vie!
Je continue de m’amuser avec LeStudio1.com dans mes temps libres, puisque j’en suis le seul partenaire encore actif, mais je vais probablement abandonner le projet d’ici les prochain mois. Je vais simplement mettre la liste d’adresses en dormance sur un disque dur et dire au revoir aux abonnés. Chose certaine, je n’offrirai pas la liste des abonnés en héritage…, ni ne la vendrai à rabais pour quelques dollars! Mieux vaut l’enterrer en beauté et avec dignité. Il en va aussi du respect des abonnés dont plusieurs reçoivent l’envoi depuis les premiers jours en mars 2005. La liste d’adresses est indissociable du concept LeStudio.com!
À suivre…
Bernard Bujold
Note : Pour la mémoire historique, j’ajouterai que c’est grâce à Isabelle Adjani si LeStudio1.com a été créé en 2005. J’avais photographié la grande actrice à l’occasion de sa visite au FFM de Montréal et la diffusion de mes photos sur son site internet personnel en France m’avait inspiré à créer mon propre site.
Photo 1: Michael Jackson
Photo 2: Mademoiselle X dans sa résidence
Photo 3: Bernard Bujold et les mascottes LeStudio1.com

photos Isabelle Adjani