Rupert Murdoch et son empire de presse

Tous les médias contemporains dans le monde sont actuellement inspirés par Rupert Murdoch et par ses techniques de gestion des journaux.
L’homme de presse a toujours vécu entouré de journaux et son premier mentor fut nul autre que Lord Beaverbook avec qui sa mère l’avait envoyé en stage durant quelques mois suite au décès subit du père Keith en 1952. (Beaverbrok était un ami de la famille Murdoch)
La mort du père laissait un empire de presse naissant sans leader et pour préparer le jeune Murdoch à prendre la relève, on avait pensé l’envoyer observer l’un des grands l’époque. Le jeune Rupert était alors âgé de 22 ans. Le cheminement qui s’en suivit est digne d’un roman tellement la lutte contre Fairfax et contre l’autre groupe australien Parkers fut mouvementée et spectaculaire. (Il y avait à l’époque trois grands groupes de presse australiens)
C’est en 1968 que Rupert Murdoch, alors âgé de 38 ans, a quitté cet environnement, où il était devenu un leader reconnu, pour tenter sa chance en Angleterre où il était un parfait inconnu. La mère de Rupert Murdoch est encore aujourd’hui considérée comme une grande dame en Australie et on dit qu’elle est aussi respectée qu’un chef d’état. Rupert a obtenu un grand succès en Angleterre notamment avec The Times and The Sun de Londres mais sans jamais réussir à faire partie de l’establishment qui encore aujourd’hui le considère comme un «Outsider». Il commencera à investir aux États-Unis en 1974 mais là aussi il sera toujours regardé avec une sorte de rejet de la part de l’establishment. Cette situation est devenue la motivation profonde de Murdoch: «Si je ne peux pas être accepté et respecté, je vais dominer.»
Rupert Murdoch me fait penser à l’ex-magnat québécois, Pierre Péladeau (1925-97) dont les Québécois se sont longtemps moqué et de qui on disait qu’il n’avait aucune classe. Aujourd’hui, ses détracteurs admettent qu’il était un génie des médias et des affaires mais malheureusement c’est posthume…
Pour Péladeau comme pour Murdoch, on est pour ou contre quelqu’un et il n’y a pas de zone grise. On est un allié ou un ennemi, dans lequel cas, il faut l’éliminer. L’acquisition de Dow Jones (The Wall Street Journal) rejoint exactementcet objectif. Pour Murdoch, d’être propriétaire du plus prestigieux journal américain est une façon de dire à l’establishment qu’il est aussi important qu’eux mais qu’en plus, il est propriétaire de leur leader mondial de l’information financière.
Pour arriver à ses fins, Rupert Murdoch agit aussi comme Pierre Péladeau. Il peut être à la fois le plus grand séducteur comme le plus violent des prédateurs. Dans le cas de Dow Jones, Murdoch a mis plusieurs années de travail pour peaufiner son plan et il a profité de chacunes des failles notamment les querelles de la famille propriétaire (Bancroff).
On dit que Murdoch est un homme d’instinct. Il analyse ses interlocuteurs et il décide de ses prochaines actions selon ses perceptions personnelles. Cette situation fait de celui-ci une sorte de magicien qui domine son environnement et qui s’entoure de gens qui dépendent de lui. Cela pourrait être problématique lorsque Murdoch (77 ans) ne sera plus capable de diriger son empire.
À ce niveau également sa situation ressemble à celle de Pierre Péladeau. Murdoch a six enfants, dont trois envisagent déja de prendre la relève. Le favori, James, a fait ses preuves dans la télévision par câble en Angleterre avec BSkyB, un peu comme Pierre-Karl Péladeau au Québec avec Videotron.
Je vous invite à lire la toute dernière biographie « The Man Who Owns the News »dont l’auteur a écrit un résumé dans Vanity Fair de décembre. Je vous suggère aussi de visionner l’excellente entrevue réalisée avec Murdoch par Kara Swisher et Walt Mossberg de D All Things Digital. Pour l’avenir et la suite de l’histoire, tout est à suivre…
Bernard Bujold – www.lestudio1.com
Lien livre The Man Who Owns the News
Lien reportage Vanity Fair
Lien entrevue video D All Thing Digital
Lien Pierre Péladeau
Photos du haut: Couverture du livre et Rupert Murdochà la conférence D All Things Digital en 2007;
Photo du bas: Rupert Murdoch dans son bureau de New-York(Photo Vanity Fair)
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